Un concept souvent mal compris
Le pH est un indicateur chimique qui mesure l’acidité d’une solution… aqueuse.
Les cosmétiques solides, eux, sont souvent anhydres, c’est-à-dire formulés sans eau : ils ne possèdent donc pas de pH propre.
Mais cela ne signifie pas que cette notion est inutile — car dès qu’un produit solide entre en contact avec l’eau (sous la douche, au rinçage), son pH à l’usage devient déterminant pour la peau ou les cheveux.
Le pH “à l’usage” : ce qui compte vraiment
Ce qui importe, ce n’est pas le pH du produit sec, mais celui de la solution formée lorsqu’il se dissout ou se transforme.
Un savon, par exemple, libère une mousse au pH alcalin, tandis qu’un shampoing solide bien formulé se rapproche du pH physiologique de la fibre capillaire.
Cet équilibre conditionne directement la tolérance cutanée et la douceur perçue lors de l’utilisation.
Respecter l’équilibre naturel de la peau
La peau humaine possède un film hydrolipidique naturellement acide, autour d’un pH de 5,5.
Une formule qui génère une mousse trop basique peut perturber cette barrière protectrice, entraînant sécheresse ou inconfort.
Les formulateurs de cosmétiques solides travaillent donc à reproduire un pH d’usage proche de celui de la peau, en jouant sur le choix des tensioactifs, des beurres et des acides gras.
Adapter la formule selon l’application
Les besoins diffèrent selon la zone du corps :
- Le visage et les zones sensibles nécessitent un pH très doux,
- Le cuir chevelu tolère un pH légèrement acide,
- Le corps peut s’accommoder d’une mousse un peu plus neutre.
Ainsi, même sans eau, le résultat final au contact de l’eau doit être maîtrisé pour préserver la compatibilité avec chaque type de peau.
En résumé : le pH comme repère d’équilibre
Le pH n’est pas une propriété intrinsèque du cosmétique solide, mais un repère de formulation essentiel à son bon usage.
Il illustre à quel point la cosmétique moderne ne se limite pas à la composition, mais s’intéresse aussi à l’interaction entre le produit, la peau et l’eau.
Conclusion
Le pH, même indirect, reste un outil clé pour concevoir des produits solides performants et bien tolérés.
Il traduit un engagement : celui d’une beauté durable, mais aussi scientifiquement maîtrisée.

